lundi 27 octobre 2008

Le retour de L'appel de Cthulhu : bientôt !

Le compte à rebours se poursuit avant la sortie de la très attendue nouvelle édition de L'appel de Cthulhu aux éditions Sans détour, prévue début novembre 2008 (on y arrive !). En attendant, cet éditeur propose un très joli et plutôt détaillé kit d'introduction sur son site, où vous pourrez examiner la superbe mise en page, et quelques nouvelles règles de ce jeu de rôle classique, légèrement dépoussiéré.

Ce jeune éditeur présentera la nouvelle édition en avant-première au festival nantais de la SF des Utopiales. Par ailleurs, des pré-commandes sont possible dans plusieurs boutiques, notamment le site de l'éditeur mais aussi leur partenaire Ludikbazar.

Nous vous ferons part de notre avis dès que nous aurons mis la main sur cette édition !

Vingt Mille Lieues sous les mers : l'Atlantide

Deux heures après avoir quitté le Nautilus, nous avions franchi la ligne des arbres, et à cent pieds au-dessus de nos têtes se dressait le pic de la montagne dont la projection faisait ombre sur l’éclatante irradiation du versant opposé. Quelques arbrisseaux pétrifiés couraient çà et là en zigzags grimaçants. Les poissons se levaient en masse sous nos pas comme des oiseaux surpris dans les hautes herbes. La masse rocheuse était creusée d’impénétrables anfractuosités, de grottes profondes, d’insondables trous, au fond desquels j’entendais remuer des choses formidables. Le sang me refluait jusqu’au coeur, quand j’apercevais une antenne énorme qui me barrait la route, ou quelque pince effrayante se refermant avec bruit dans l’ombre des cavités ! Des milliers de points lumineux brillaient au milieu des ténèbres. C’étaient les yeux de crustacés gigantesques, tapis dans leur tanière, des homards géants se redressant comme des hallebardiers et remuant leurs pattes avec un cliquetis de ferraille, des crabes titanesques, braqués comme des canons sur leurs affûts, et des poulpes effroyables entrelaçant leurs tentacules comme une broussaille vivante de serpents.

Quel était ce monde exorbitant que je ne connaissais pas encore ? A quel ordre appartenaient ces articulés auxquels le roc formait comme une seconde carapace ? Où la nature avait-elle trouvé le secret de leur existence végétative, et depuis combien de siècles vivaient-ils ainsi dans les dernières couches de l’Océan ?

Mais je ne pouvais m’arrêter. Le capitaine Nemo, familiarisé avec ces terribles animaux, n’y prenait plus garde. Nous étions arrivés à un premier plateau, ou d’autres surprises m’attendaient encore. Là se dessinaient de pittoresques ruines, qui trahissaient la main de l’homme, et non plus celle du Créateur. C’étaient de vastes amoncellements de pierres où l’on distinguait de vagues formes de châteaux, de temples, revêtus d’un monde de zoophytes en fleurs, et auxquels, au lieu de lierre, les algues et les fucus faisaient un épais manteau végétal.

Mais qu’était donc cette portion du globe engloutie par les cataclysmes ? Qui avait disposé ces roches et ces pierres comme des dolmens des temps anté-historiques ? Où étais-je, où m’avait entraîné la fantaisie du capitaine Nemo ?

J’aurais voulu l’interroger. Ne le pouvant, je l’arrêtai. Je saisis son bras. Mais lui, secouant la tête, et me montrant le dernier sommet de la montagne, sembla me dire :

« Viens ! viens encore ! viens toujours ! »

Je le suivis dans un dernier élan, et en quelques minutes, j’eus gravi le pic qui dominait d’une dizaine de mètres toute cette masse rocheuse.

Je regardai ce côté que nous venions de franchir. La montagne ne s’élevait que de sept à huit cents pieds au-dessus de la plaine ; mais de son versant opposé, elle dominait d’une hauteur double le fond en contre bas de cette portion de l’Atlantique. Mes regards s’étendaient au loin et embrassaient un vaste espace éclairé par une fulguration violente. En effet, c’était un volcan que cette montagne. A cinquante pieds au-dessous du pic, au milieu d’une pluie de pierres et de scories, un large cratère vomissait des torrents de lave, qui se dispersaient en cascade de feu au sein de la masse liquide. Ainsi posé, ce volcan, comme un immense flambeau, éclairait la plaine inférieure jusqu’aux dernières limites de l’horizon.

J’ai dit que le cratère sous-marin rejetait des laves, mais non des flammes. Il faut aux flammes l’oxygène de l’air, et elles ne sauraient se développer sous les eaux ; mais des coulées de lave, qui ont en elles le principe de leur incandescence, peuvent se porter au rouge blanc, lutter victorieusement contre l’élément liquide et se vaporiser à son contact. De rapides courants entraînaient tous ces gaz en diffusion, et les torrents laviques glissaient jusqu’au bas de la montagne, comme les déjections du Vésuve sur un autre Torre del Greco.

En effet, là, sous mes yeux, ruinée, abîmée, jetée bas, apparaissait une ville détruite, ses toits effondrés, ses temples abattus, ses arcs disloqués, ses colonnes gisant à terre, où l’on sentait encore les solides proportions d’une sorte d’architecture toscane ; plus loin, quelques restes d’un gigantesque aqueduc ; ici l’exhaussement empâté d’une acropole, avec les formes flottantes d’un Parthénon ; là, des vestiges de quai, comme si quelque antique port eût abrité jadis sur les bords d’un océan disparu les vaisseaux marchands et les trirèmes de guerre ; plus loin encore, de longues lignes de murailles écroulées, de larges rues désertes, toute une Pompéi enfouie sous les eaux, que le capitaine Nemo ressuscitait à mes regards !

Où étais-je ? Où étais-je ? Je voulais le savoir à tout prix, je voulais parler, je voulais arracher la sphère de cuivre qui emprisonnait ma tête.

Mais le capitaine Nemo vint à moi et m’arrêta d’un geste. Puis, ramassant un morceau de pierre crayeuse, il s’avança vers un roc de basalte noire et traça ce seul mot :

ATLANTIDE

Quel éclair traversa mon esprit ! L’Atlantide, l’ancienne Méropide de Théopompe, l’Atlantide de Platon, ce continent nié par Origène, Porphyre, Jamblique, D’Anville, Malte-Brun, Humboldt, qui mettaient sa disparition au compte des récits légendaires, admis par Possidonius, Pline, Ammien-Marcellin, Tertullien, Engel, Sherer, Tournefort, Buffon, d’Avezac, je l’avais là sous les yeux, portant encore les irrécusables témoignages de sa catastrophe ! C’était donc cette région engloutie qui existait en dehors de l’Europe, de l’Asie, de la Libye, au-delà des colonnes d’Hercule, où vivait ce peuple puissant des Atlantes, contre lequel se firent les premières guerres de l’ancienne Grèce !

L’historien qui a consigné dans ses écrits les hauts faits de ces temps héroïques, c’est Platon lui-même. Son dialogue de Timée et de Critias a été, pour ainsi dire, tracé sous l’inspiration de Solon, poète et législateur.

Un jour, Solon s’entretenait avec quelques sages vieillards de Saïs, ville déjà vieille de huit cents ans, ainsi que le témoignaient ses annales gravées sur le mur sacré de ses temples. L’un de ces vieillards raconta l’histoire d’une autre ville plus ancienne de mille ans. Cette première cité athénienne, âgée de neuf cents siècles, avait été envahie et en partie détruite par les Atlantes. Ces Atlantes, disait-il, occupaient un continent immense plus grand que l’Afrique et l’Asie réunies, qui couvrait une surface comprise du douzième degré de latitude au quarantième degré nord. Leur domination s’étendait même à l’Égypte. Ils voulurent l’imposer jusqu’en Grèce, mais ils durent se retirer devant l’indomptable résistance des Hellènes. Des siècles s’écoulèrent. Un cataclysme se produisit, inondations, tremblements de terre. Une nuit et un jour suffirent à l’anéantissement de cette Atlantide dont les plus hauts sommets, Madère, les Açores, les Canaries, les îles du cap Vert, émergent encore.

Tels étaient ces souvenirs historiques que l’inscription du capitaine Nemo faisait palpiter dans mon esprit. Ainsi donc, conduit par la plus étrange destinée, je foulais du pied l’une des montagnes de ce continent ! Je touchais de la main ces ruines mille fois séculaires et contemporaines des époques géologiques ! Je marchais là même où avaient marché les contemporains du premier homme ! J’écrasais sous mes lourdes semelles ces squelettes d’animaux des temps fabuleux, que ces arbres, maintenant minéralisés, couvraient autrefois de leur ombre !

Ah ! pourquoi le temps me manquait-il ! J’aurais voulu descendre les pentes abruptes de cette montagne, parcourir en entier ce continent immense qui sans doute reliait l’Afrique à l’Amérique, et visiter ces grandes cités antédiluviennes. Là, peut-être, sous mes regards, s’étendaient Makhimos, la guerrière, Eusebès, la pieuse, dont les gigantesques habitants vivaient des siècles entiers, et auxquels la force ne manquait pas pour entasser ces blocs qui résistaient encore à l’action des eaux. Un jour peut-être, quelque phénomène éruptif les ramènera à la surface des flots, ces ruines englouties ! On a signalé de nombreux volcans sous-marins dans cette portion de l’Océan, et bien des navires ont senti des secousses extraordinaires en passant sur ces fonds tourmentés. Les uns ont entendu des bruits sourds qui annonçaient la lutte profonde des éléments ; les autres ont recueilli des cendres volcaniques projetées hors de la mer. Tout ce sol jusqu’à l’Équateur est encore travaillé par les forces plutoniennes. Et qui sait si, dans une époque éloignée, accrus par les déjections volcaniques et par les couches successives de laves, des sommets de montagnes ignivomes n’apparaîtront pas à la surface de l’Atlantique !

Pendant que je rêvais ainsi, tandis que je cherchais à fixer dans mon souvenir tous les détails de ce paysage grandiose, le capitaine Nemo, accoudé sur une stèle moussue, demeurait immobile et comme pétrifié dans une muette extase. Songeait-il à ces générations disparues et leur demandait-il le secret de la destinée humaine ? Était-ce à cette place que cet homme étrange venait se retremper dans les souvenirs de l’histoire, et revivre de cette vie antique, lui qui ne voulait pas de la vie moderne ? Que n’aurais-je donné pour connaître ses pensées, pour les partager, pour les comprendre !

Nous restâmes à cette place pendant une heure entière, contemplant la vaste plaine sous l’éclat des laves qui prenaient parfois une intensité surprenante. Les bouillonnements intérieurs faisaient courir de rapides frissonnements sur l’écorce de la montagne. Des bruits profonds, nettement transmis par ce milieu liquide, se répercutaient avec une majestueuse ampleur.

En ce moment, la lune apparut un instant à travers la masse des eaux et jeta quelques pâles rayons sur le continent englouti. Ce ne fut qu’une lueur, mais d’un indescriptible effet. Le capitaine se leva, jeta un dernier regard à cette immense plaine ; puis de la main il me fit signe de le suivre.

Nous descendîmes rapidement la montagne. La forêt minérale une fois dépassée, j’aperçus le fanal du Nautilus qui brillait comme une étoile. Le capitaine marcha droit à lui, et nous étions rentrés à bord au moment où les premières teintes de l’aube blanchissaient la surface de l’Océan.


Vingt Mille Lieues sous les mers
, Jules Verne
(extrait du chapitre IX de la 2e partie)

lundi 20 octobre 2008

Le GROG reviendra bientôt

Le site du GROG, référence francophone du jeu de rôle, est hors service depuis quelques jours, pour des raisons techniques et légales.

En attendant un retour qui ne saurait tarder, l'équipage donne de ses nouvelles sur un blog récemment ouvert : http://legrog.org/

La nouvelle adresse e-mail est passerelle(chez)legrog.org

Espérons un prompt rétablissement de cette encyclopédie du jeu de rôle !

Voilà le message officiel du GROG concernant leur indisponibilité :

Suite à un conflit avec le propriétaire des domaines roliste.com, roliste.net et roliste.org, le GROG sera indisponible pour une durée indéterminée. L'adresse de contact admin(chez)roliste.com ne doit plus être utilisée pour contacter les administrateurs du GROG.
Merci pour toute correspondance avec les admins d'utiliser admin.grog(chez)gmail.com
L'équipe actuelle fait son possible pour que le GROG revienne à la vie
dans les plus brefs délais.

Les admins du GROG

mardi 14 octobre 2008

Planet Mu

Planet Mu est un label britannique de musique électronique, fondé en 1995 par Mike Paradinas (alias μ-ziq), et affilié à Virgin Records. Vous pouvez écouter quelques échantillons de leur production en cliquant sur les liens, dans la liste en fin d'article.

Clairement, ce nom est un hommage à James Churchward et à ses oeuvres. En effet, des compilations musicales du label portent les noms d'ouvrages consacrés au continent perdu :
- Sacred Symbols of Mu (2006)
- Children of Mu (2004)
- The Cosmic Forces of Mu (2001)

James Churchward avait déjà inspiré la bande dessinée (avec Hugo Pratt), les jeux vidéos (nous en reparlerons), les dessins animés (Les mystérieuses cités d'or), etc. Le continent perdu de Mu est pleinement intégré à la pop culture !


Liens
- Planet Mu sur wikipedia (fr)
- μ-ziq sur wikipedia (fr)
- Site officiel (en)
- Page Myspace (en)

lundi 13 octobre 2008

Système de jeu : un cahier des charges

Voilà un cahier des charges que j'avais posé sur le forum Casus NO concernant le système de jeu du Règne de Mu. C'est toujours bon de faire quelques rappels, vu que je compte discuter un peu du système de jeu après quelques mois de digressions culturelles...

Un système simple, un système synthétique
Le système doit pouvoir s'exprimer en peu de mots.
Il ne doit pas comporter de listes arbitraires avec des noms peu parlants, et il faut le moins de choses à apprendre par coeur. Il faut que le MJ puisse jouer sa partie sans regarder les règles, voire même sans regarder une feuille de papier.

Un système humaniste
L'homme est au coeur de tout, et le personnage doit être plus important que le matériel qu'il porte. Il faut décourager l'usage des armes et armures, ou diminuer leur importance face aux arts martiaux et autres techniques d'affrontement.

Un système symboliste
Selon Churchward, tout tourne autour des quatre forces cosmiques. Un personnage est principalement défini par quatre attributs chiffrés, le reste doit être accessoire, et graviter autour de ces quatre attributs.

Un système aléatoire
Le hasard, c'est rigolo. Les jets de dés doivent pouvoirs être "explosifs", ainsi que permettre les échecs critiques. Il faut que tous les jets de dés aient la possibilité d'avoir des résultats surprenants.

Que doit pouvoir gérer le système de jeu ?

Les conflits
Le système doit pouvoir gérer les conflits d'une manière semblable, qu'il s'agisse de batailles rangées, de parties d'échecs, de duels, de compétition de danse, de joutes oratoires, etc.

Les investigations
Le système doit pouvoir gérer les enquêtes de manière agréable et efficace. Les personnages ne doivent jamais rester trop longtemps bloqués, mais il faut laisser une place importante au hasard, tout en laissant aux joueurs l'illusion d'avancer grâce à leur intelligence...

Les tâches de longue haleine
Le système doit pouvoir gérer les tâches de longue durée, qui ne devraient pas se résoudre en un seul jet de dés, mais donner lieu à une sorte de "conflit" (voir plus haut) face à la difficulté et à la longueur de la tâche.

lundi 6 octobre 2008

La Nouvelle Chronologie (de Fomenko)

Voilà des liens vers l'une des théories "révisionniste" les plus populaires : la Nouvelle Chronologie (de Fomenko).
- Page wikipedia en anglais (beaucoup plus détaillée que la VF)
- Un site français sympathisant de cette théorie "récentiste"

L'idée principale est que l'histoire de l'homme est beaucoup plus récente que ce que l'on sait : le christianisme est né vers le 11e siècle, il n'y a jamais eu d'invasion mongole, toute l'antiquité (romaine, grecque, egyptienne, etc.) est une fable inventée à la Renaissance, l'Empire Russe a dominé le monde pendant longtemps, etc.

Historiens et archéologues démentent cette théorie du mathématicien Fomenko, serait-ce une simple défense du dogme dominant ? La Nouvelle Chronologie est soutenue par des personnalités, surtout russes, comme Gary Kasparov.

C'est très intéressant et provocateur comme théorie, et paradoxalement c'est peut-être compatible avec l'histoire antédiluvienne (Mu, l'Atlantide...). Ma foi, si l'histoire antérieure au 15 siècle est un vaste mensonge, alors que dire de la préhistoire ?